Menaces pour les
écosystèmes marins
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Les écosystèmes marins soutiennent la vie marine ainsi que nos emplois, nos loisirs, notre nourriture, notre oxygène. 

Chaque écosystème est composé d’espèces différentes, dans différents types d’habitats. Il existe de nombreuses façons dont les humains exploitent ces environnements marins et causent des dommages massifs à ces écosystèmes fragiles.

Il est essentiel de comprendre comment les écosystèmes sont affectés par nos activités pour savoir comment réduire notre impact et adapter nos comportements en fonction. S’intéresser à notre impact sur les écosystèmes et les conséquences pour nous est une étape clé pour protéger la vie marine.

Pollution plastique

Chaque minute, 15 tonnes de déchets plastiques sont déversées dans les océans, soit 8 millions de tonnes chaque année. Il y a urgence à agir maintenant !

La pollution des écosystèmes par les plastiques est une problématique d’une grande complexité et les scientifiques ne sont pas encore capables d’évaluer pleinement ses conséquences sur l’équilibre des écosystèmes et sur la santé des consommateurs. Les impacts sociaux et économiques sont également certains et considérables. Un engagement des pouvoirs publics est nécessaire pour améliorer la gestion des déchets municipaux. La prise de conscience et l’engagement de chacun sont également primordiaux.

Le premier effet de cette pollution, le plus direct, est l’emprisonnement des animaux dans les filets dérivants ou les gros débris. C’est une cause de mortalité importante de mammifères marins, de tortues et d’oiseaux.

Un second effet direct est l’ingestion. On admet maintenant que cela concerne toute la chaîne alimentaire de l’écosystème marin. Il existe un continuum de tailles de débris de plastique, de plusieurs centimètres jusqu’au micron (millième de millimètre), voire jusqu’au nanomètre (millionième de millimètre).

A chaque taille d’organisme marin de la chaîne alimentaire correspond une taille de débris qui risque d’être ingéré. Après ingestion, le plastique s’accumule dans le système digestif des animaux, qui alors se nourrissent moins et finissent par mourir.

Un grand nombre d’organismes, dont certaines espèces peuvent être invasives, s’agglutinent sur les plastiques et sont transportés avec eux au gré des courants, sur des milliers de kilomètres et ce pendant plusieurs décennies. C’est un véritable danger pour l’équilibre des écosystèmes.

Les organismes associés au plastique sont aussi divers que des poissons, des algues, des coquillages…. Ils peuvent être visibles à l’œil nu ou de taille microscopique. En outre il a été démontré que les bactéries qui se développent sur les plastiques dans les gyres sont différentes des bactéries naturelles du milieu marin. Certaines pourraient être potentiellement pathogènes.

Ces débris de plastique représentent une pollution chimique à plusieurs titres. Ils contiennent des composés qui peuvent être chimiquement transférés dans les organismes marins lors de l’ingestion (ils sont dits bio-disponibles). Certaines de ces molécules sont potentiellement toxiques et peuvent s’accumuler dans l’organisme (elles son bio-accumulables). Par ailleurs, au cours du vieillissement du plastique dans l’environnement, des composés chimiques incorporés lors de sa fabrication (principalement des additifs) peuvent être relargués dans l’environnement ou lorsqu’ils sont ingérés par les organismes.

Les plastiques sont aussi des vecteurs de polluants organiques persistants. Certains plastiques ont ainsi la capacité de concentrer des polluants présents dans l’environnement au cours de leurs longs séjours dans les rivières, les fleuves puis les océans. Les plastiques peuvent ainsi multiplier la concentration initiale de ces molécules par un facteur allant jusqu’à 100 000. Ces molécules risquent aussi de se bio-accumuler dans les organismes vivants, c’est à dire de se concentrer le long de la chaîne alimentaire.

Marée noire

Ce type de catastrophe industrielle et écologique survient généralement après le naufrage d’un pétrolier, un accident sur une plateforme pétrolière en pleine mer ou un dégazage sauvage. Les hydrocarbures libérés dans l’eau flottent alors à la surface et s’étalent sur de grandes surfaces avant d’atteindre la côte.

Les marées noires sont dangereuses pour l’environnement marin, en perturbant fortement la faune et la flore marines, avec :

Ceci via l’asphyxie du milieu, puis la destruction des fonds marins et de l’habitat de nombreux animaux. La faune et la flore des zones côtières terrestres sont également touchées.

En particulier les animaux filtreurs vont bio-accumuler une fraction des éléments composant le pétrole, ces produits vont contaminer le réseau trophique.

Suite à une exposition à de faibles doses de pétrole dans l’eau, les morues franches (Gadus morhua) présentent d’importants changements dans la composition de leur protéines du plasma. L’étude de ces protéines laisse penser que ce pétrole a des effets sur le système immunitaire, la fertilité, la résorption osseuse, le métabolisme des acides gras et l’augmentation du stress oxydatif, avec aussi des troubles de la mobilité cellulaire et une augmentation du taux de protéines associées à l’apoptose.

Surpêche

Selon les estimations actuelles, la surpêche a affecté plus de 85% des ressources halieutiques mondiales et la plupart des pêcheries sont exploitées bien au-delà de leur capacité durable.

Bien que cela soit sur le point d’avoir des effets à long terme sur la consommation humaine, il existe également un certain nombre d’autres effets, tels que :

Les requins et le thon sont particulièrement susceptibles de faire l’objet d’une surpêche. Par conséquent, lorsqu’ils sont retirés de leurs zones de vie, les créatures marines situées tout au long de la chaîne alimentaire subissent un impact négatif. Les populations peuvent grossir et le rôle que jouent ces grandes créatures – de ce qu’elles mangent à la décomposition de leur corps – entraîne des effets potentiellement mortels pour les écosystèmes océaniques.

La disparition de prédateurs (donc l’accroissement des populations marines) conduit à termes à des dégâts considérables sur les récifs coralliens et d’autres éléments de l’écosystème océanique. Les récifs sont essentiels à la vie marine et, une fois qu’ils ont été endommagés, il est difficile de réparer les dégâts, voire pas du tout.

Les algues sont essentielles au développement de la vie marine. Toutefois, si elles envahissent le milieu marin, elles peuvent affecter les poissons, les récifs, etc.

Les thoniers sont notamment connus pour pêcher des jeunes thons mais aussi d’autres espèces. Ces poissons sont ensuite rejetés à la mer, mais souvent déjà agonisants ou morts. Avec cette pratique, les poissons sauvages seraient menacés.

Un certain nombre de communautés dans le monde dépendent du poisson comme principale ressource alimentaire. La croissance de la surpêche a gravement menacé ces communautés, souvent situées dans des pays en développement. Sans la possibilité d’attraper leur nourriture, leurs populations sont menacées.

Un grand nombre de ces communautés qui dépendent du poisson pour se nourrir comptent également sur les industries de la pêche de faible activité pour assurer leur viabilité économique. Ces entreprises, contrairement aux entreprises de pêche à grande échelle, endommagent généralement beaucoup moins la vie marine parce qu’elles sont beaucoup plus petites. Cependant, lorsque ces communautés ne peuvent pas accéder à la nourriture ou à leur soutien financier, elles risquent d’avoir des problèmes à l’avenir.

Destruction des habitats

La destruction des habitats en milieu marin par les aménagements du littoral est complètement sous-estimée.

Chaque aménagement gagné sur la mer détruit un habitat sous-marin par recouvrement ou endigage. Une grande densité d’ouvrages gagnés sur la mer sur des surfaces de petits fonds exiguës représente une atteinte quantitativement majeure aux milieux sous marins. Ces destructions sont irréversibles.

L’évaluation des effets négatifs des constructions sur la mer sur les écosystèmes marins est souvent perçue comme une démarche hostile au développement. De ce fait, peu d’études traitent de ce thème conflictuel et politiquement sensible, peu d’engagements financiers et humains sont consacrés à ce sujet. Ainsi la prise en compte des impacts causés par les aménagements gagnés sur la mer est négligée.

Les aménagements du littoral gagnés sur la mer détruisent les habitats marins les plus riches. L’espace marin couvert (devenu terrestre) est détruit en totalité et les plans d’eau enclavent d’autres espaces en bouleversant les conditions du milieu. L’espace naturel littoral est ainsi à chaque fois réduit.

C’est l’addition de l’ensemble des ouvrages construits sur la mer qu’il convient de considérer pour évaluer leur impact global. Ce cumul correspond à la destruction des habitats sous-marins pouvant s’estimer à l’échelle d’ensembles géographiques ou administratifs (état, région, département ou commune) ou naturels (de cap à cap, côte rocheuse, côte alluvionnaire …). Chaque ouvrage supplémentaire va augmenter le taux d’espace marin littoral détruit.

Eutrophisation

L’eutrophisation est le processus par lequel des nutriments s’accumulent dans un habitat.

L’eutrophisation des milieux aquatiques est un déséquilibre du milieu provoqué par l’augmentation de la concentration d’azote et de phosphore dans le milieu. Elle est caractérisée par une croissance excessive des plantes et des algues due à la forte disponibilité des nutriments. Les algues qui se développent grâce à ces substances nutritives absorbent de grandes quantités d’oxygène, lorsqu’elles meurent et se décomposent. Leur prolifération provoque l’appauvrissement, puis la mort de l’écosystème aquatique présent : il ne bénéficie plus de l’oxygène nécessaire pour vivre, ce phénomène est appelé « asphyxie des écosystèmes aquatiques ».

Acidification

Le CO2 ou gaz carbonique, n’est pas seulement responsable du réchauffement climatique. En fait tout le CO2 que nous émettons en brûlant du pétrole, du charbon ou du gaz, ne reste pas dans l’atmosphère. Une partie non négligeable (25 %) est absorbée par les océans. Pour le climat de la planète c’est plutôt une bonne chose.

Sans les océans, le réchauffement serait encore plus important. Mais ce rôle d’amortisseurs que jouent les mers du globe a un prix. C’est précisément l’absorption de ces quantités phénoménales de CO2 par les océans qui provoque leur acidification. Depuis le début du développement industriel, l’acidité des océans a augmenté de près de 30%.

Les premiers à pâtir de l’acidification des océans sont les organismes dotés de squelette ou de coquille calcaires, notamment les coraux ou les mollusques comme les moules ou les huitres. Dans une eau plus acide, ces organismes ont plus de mal à fabriquer leur coquille ou leur squelette calcaire.

Les poissons aussi seraient aussi touchés, d’abord de façon indirecte. Quand une partie d’un écosystème est affecté cela a des répercussions sur l’ensemble. Par exemple, la dégradation des récifs coralliens aura des répercussions sur les espèces qui s’y abritent. Mais les poissons seraient aussi touchés de façon directe. Des études indiquent que l’acidification des océans aurait des effets sur la physiologie de certains poissons et notamment sur leur système sensoriel. Ce qui les rendrait par exemple incapables de détecter la présence d’un prédateur.

Comment aider à ton échelle ?